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L’isolation de son logement est une action qui paraît aujourd’hui évidente pour économiser et bénéficier d’un logement confortable.

Connaître les critères et les types d’isolants est essentiel pour élaborer la meilleure stratégie de réduction des consommations pour son logement.

Comment choisir son isolant ?

Les critères pour les parois opaques :

Les parois opaques s’entendent de la toiture, des murs ou du plancher bas. Pour isoler ces postes de travaux, il est nécessaire de connaître les indicateurs de performance énergétique des matériaux.

Le premier critère de choix d’un isolant est sa résistance thermique (notée R et exprimée en m².K/W). Plus la valeur R est élevée, meilleure sera l’isolation. Elle prend en compte l’épaisseur de l’isolant et sa conductivité thermique. Ainsi, deux matériaux différents, pour une même épaisseur de 20 cm, n’ont pas la même résistance thermique. Il est donc nécessaire de comparer des isolants en utilisant la valeur R et non leur épaisseur ou leur conductivité thermique.
De plus, en fonction des parois à isoler, les résistances thermique à viser ne sont pas les mêmes.

Le tableau suivant présente les solutions à mettre en œuvre pour atteindre un niveau de bâtiment performant :

PosteNiveau performantNiveau très performant
Isolation de la toiture R ≥ 7 soit environ 30 cm d’équivalent laine minérale ou végétale R ≥ 10 soit environ 40 cm d’équivalent laine minérale ou végétale
Isolation des murs R ≥ 3,7 soit environ 12 cm d’équivalent laine minérale ou végétale ou 50 cm d’isolation répartie (type brique terre cuite) R ≥ 5 soit environ 20 cm d’équivalent laine minérale ou végétale ou 50 cm d’isolation répartie (type brique terre cuite)
Isolation du plancher R ≥ 3,5 soit environ 12 cm d’équivalent laine minérale ou végétale ou 10 cm de polyuréthane R ≥ 5 soit environ 20 cm d’équivalent laine minérale ou végétale ou 10 cm de polyuréthane

Les critères pour les parois vitrées :

La performance d’une fenêtre se caractérise par son "coefficient de transmission surfacique" (noté Uw et exprimé en W/m².K). La valeur Uw exprime les performances d’une fenêtre dans son ensemble : vitrage + menuiserie + pont thermique de l’intercalaire. Plus Uw sera faible, plus la performance de la menuiserie sera importante.

Un second facteur doit être pris en compte : le "facteur de transmission solaire" (noté Sw). Il exprime la quantité de lumière traversant la fenêtre. Ce coefficient est intéressant à connaître lorsque l’on souhaite maximiser ces apports solaires, ou a contrario lorsque l’on souhaite les limiter (avec une fenêtre de toit par exemple).

PosteNiveau performantNiveau très performant
Vitrage Uw ≤ 1,3 et Sw ≥ 0,3
ou
Uw ≤ 1,7 et Sw ≥ 0,36
Uw ≤ 1 triple vitrage

D’autres critères à prendre en compte

D’autres critères sont ensuite à prendre en compte pour bien choisir un isolant. La notion de confort d’été, le comportement du matériau face à l’humidité ou la vapeur d’eau, mais aussi son impact environnemental.
La fiche suivante vous donnera plus d’informations pour faire le bon choix :

PDF - 876,9 ko
Performance thermique et choix des matériaux d’isolation
 (PDF - 876,9 ko)

Pour aller encore plus loin vous pouvez consulter ce guide des matériaux isolants

PDF - 1,7 Mo
Guide des matériaux isolants
 (PDF - 1,7 Mo)

Est-il préférable de tout isoler en une seule fois, ou progressivement ?

Traiter tous les postes d’isolation (toiture, murs, fenêtres et plancher bas) en même temps aura un impact très significatif sur les consommations d’énergie. De plus, on optimisera le traitement de certains points singuliers si l’on agit de manière simultanée (comme l’isolation des murs et le remplacement des fenêtres par exemple), et le coût global de l’opération sera réduit. La somme globale à engager peut s’avérer importante, mais un calcul grâce à notre outil éco-rénover montre que cela est généralement "rentable".
Toutefois, s’il n’est pas toujours possible de rénover tous les postes en même temps, il est important de bien comprendre quels sont les postes généralement les plus déperditifs.
Pour une maison sans aucune isolation (rare en réalité), la répartition des déperditions ressemblera à cela :
Déperdition

Les vidéos suivantes donnent des notions importantes quant à l’isolation :

N’hésitez pas à contacter un conseiller INFO->ENERGIE pour vous aider à faire un bilan simplifié de votre logement et vous aider à prioriser vos travaux.

Les ponts thermiques

Qu’est-ce qu’un pont thermique ?

Il y a pont thermique dès qu’il y a discontinuité entre des matériaux isolants et des parois de structure. Le pont thermique est une perte de chaleur qui va s’effectuer par conduction   entre deux éléments constitutifs du bâtiment, par exemple une dalle intermédiaire reposant sur un mur donnant sur l’extérieur.

Schéma pont thermique
Schéma pont thermique

En présence d’une mauvaise jonction entre une menuiserie et un mur, on parlera plutôt de défaut d’étanchéité.

Les principaux ponts thermiques d’un bâtiment se situent aux jonctions des façades et planchers, façades et refends, façades et toitures, façades et planchers bas.
Au niveau des percements (portes, fenêtres, loggias…), il s’agit de ponts thermiques structuraux. Ces ponts thermiques sont plus ou moins importants selon la constitution des parois, si elles sont isolées ou non.

L’essor des caméras infrarouge permet à tout un chacun de prendre connaissance de ces problèmes. Ici, en rouge, les ponts thermiques des pignons et du mur de refend apparaissent clairement .

Pont thermique copropriété - ALE 38
Pont thermique copropriété
ALE 38
Comparaison d’un immeuble isolé ou non isolé - ALE 38
Comparaison d’un immeuble isolé ou non isolé
ALE 38

Sur cette photo la façade de gauche, non isolée laisse passer beaucoup plus de chaleur (rouge) que la façade de droite (bleue) qui est isolée par l’extérieur.

Dans un bâtiment non isolé, les ponts thermiques représentent de faibles déperditions (en général inférieures à 15 %) car les déperditions totales par les parois sont très élevées. En revanche, dès lors que les parois sont fortement isolées, le pourcentage de déperditions dues aux ponts thermiques devient important de plus de 30 % mais les déperditions globales sont, dans ce cas, très faibles.

C’est la raison pour laquelle dans des bâtiments basse consommation, il est important d’avoir de très fortes résistances thermiques pour les parois et de s’assurer d’avoir de faibles pertes de chaleur par les jonctions.

Les ponts thermiques intégrés

Une paroi est presque toujours constituée de plusieurs composants assemblés entre eux par collage, vissage ou assemblage mécanique. Si leur conception n’est pas correcte, ces assemblages représentent autant de petits ponts thermiques intégrés au système, d’où leur appellation de ponts thermiques intégrés ou liés aux systèmes de parois ou d’isolation.

Comment agir sur les ponts thermiques ?

Les solutions pour lutter contre les ponts thermiques sont au nombre de 4 :

  • Les efforts à la conception : En privilégiant une conception ne favorisant pas les ponts thermiques structurels, on peut éliminer une bonne partie des déperditions sur ce poste.

Un exemple probant, les balcons désolidarisés :

Balcon désolidarisé
Balcon désolidarisé
  • Le choix des matériaux et le recours à l’isolation répartie : Les matériaux à isolation répartie sont des matériaux qui remplissent à la fois la fonction de structure porteuse et d’isolation. Par commodité, les structures à ossature bois sont également considérées comme des matériaux à isolation répartie. En effet ce mode constructif permet de s’affranchir des ponts thermiques structurels et parfois, si cela est suffisamment réfléchi, des ponts thermiques intégrés.

Exemples de matériaux à isolation répartie :

Brique siporex
Brique siporex
brique alvéolaire en terre cuite
brique alvéolaire en terre cuite

Outre l’élimination des ponts thermiques, l’isolation répartie permet généralement d’apporter une bonne inertie au bâtiment.

  • L’isolation par l’extérieur : elle permet de minimiser les ponts thermiques (surtout en collectif ou sur les maisons à étages) pour les refends et les planchers intermédiaires. De plus, ce procédé permet de conserver l’inertie.
Rénovation d’une maison en isolation par l’extérieur
Rénovation d’une maison en isolation par l’extérieur
  • L’utilisation de rupteurs de ponts thermiques
    Rupteur de pont thermique Shock
    Rupteur de pont thermique Shock

En assurant la continuité verticale de l’isolation au niveau des liaisons entre dalles, refends ou balcons et la façade, ils permettent d’éliminer une grande partie des déperditions sur ces jonctions.

En rénovation, le mur de refend a été désolidarisé du mur extérieur et la nouvelle jointure est réalisée avec de la brique alvéolaire volcanique isolante.


La recherche des ponts thermiques : faut-il avoir recours à une analyse par caméra thermique ?

La plupart du temps, une recherche thermographique n’aura aucune utilité pour déterminer des ponts thermiques structurels. L’analyse thermographique sert essentiellement à rechercher :

  • des points de détails : par exemple contrôle après travaux lors de tests d’étanchéité à l’air, lien interne étanchéité, des passages de tuyauteries d’eau chaude, etc. ;
  • des malfaçons : par exemple vérifier que l’isolant a été posé correctement ;
  • à mettre en évidence ce que l’on sait déjà comme sur les photos ci-dessus. Dans ce dernier cas, elles n’ont qu’une vocation pédagogique.

Dans tous les cas, c’est un travail complexe qui doit être effectué par un professionnel. Si prendre une photo à la caméra infra rouge est aisé, l’analyse de celle-ci reste pointue. En effet, une même photo peut être interprétée de plusieurs manières si l’on ne prend pas garde au reflet, à l’albédo  , aux températures surfaciques des parois etc..