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Nuisible, le tourisme de masse ?

Selon l’Organisation Mondiale du Tourisme, le tourisme international est à l’origine de 5 % des émissions de gaz à effet de serre. Les 3/4 sont dus au mode de transport choisi et 21 % au logement.
Le tourisme de masse utilise les ressources naturelles et énergétiques jusqu’à en priver les populations locales. Dans les pays méditerranéens, au climat plutôt sec, les touristes consomment 440 litres d’eau par jour en moyenne, soit deux fois plus d’eau que la consommation moyenne d’un espagnol [1].
Autre exemple, dans un pays tropical comme la Thaïlande, un parcourt de golf a besoin de 1 500 kg de produits chimiques fertilisant, pesticides   et herbicides et monopolise la même quantité d’eau que 60 000 villageois. [2]

Côté économique, si le tourisme est la première activité créatrice d’emploi dans le monde, la richesse n’est pas redistribuée équitablement. Par exemple, 80 % des sommes dépensées dans le cadre d’un voyage "tout compris" bénéficient aux compagnies aériennes, aux hôtels. [3]

L’écotourisme, une solution ?

Faire le choix de l’écotourisme peut réduire en partie ces nuisances. L’écotourisme n’étant qu’un concept - ni label  , ni charte pour l’encadrer - il recouvre des pratiques très diverses, pas toujours respectueuses de l’environnement. En Chine, le Comité national chinois pour l’Homme et la Biosphère estime que 11 % [4] des sites touristiques ont été dégradés par de l’écotourisme. Des résultats en totale contradiction avec la définition que donne la société internationale de l’écotourisme (International Ecotourism Society) de cette pratique touristique.

Selon cette agence, "l’écotourisme est une forme de voyage responsable dans les espaces naturels qui contribue à la protection de l’environnement et au bien-être des populations locales". C’est pourquoi, toujours selon cette définition, une activité ne produisant aucun impact sur l’environnement (ni positif, ni négatif) ne rentre pas dans le champ de l’écotourisme.

Se dépenser sans coûter à l’environnement

Beaucoup d’activités sont possibles, en week-end ou en vacances. Cependant, il n’est pas toujours facile de concilier sport et protection de la nature.

Le classement des sports les plus polluants :

  • 1- le ski de descente La faune et la flore ne s’adaptent pas au modelage incessant des montagnes provoqués par les kilomètres de pistes, le développement des infrastructures électriques gigantesques comme les remontées mécaniques, et le comportement des skieurs. Il est possible de retrouver plus de 30 000 mégots sous une remontée de pylônes.
  • 2 - les sports motorisés

La formule 1, le karting ou le ski nautique utilisent des hectolitres de carburants mais impactent également les milieux naturels. Pour exemple : 20 litres pour 100 kilomètres de karting, c’est autant de carburant qu’une traversée de la France en voiture pour 2 à 3 heures de ski nautique.

- *3 - le golf

Golf - par Konderminator sur flickr
Golf
par Konderminator sur flickr

Sous la pelouse verte et nette se cache un sport très consommateur d’eau et de produits chimiques. L’irrigation (qui s’effectue 6 mois sur 12) consomme 6 800 m3 par hectare de terrain chaque année. Au total, cette consommation d’eau pourrait subvenir aux besoins d’une ville de 500 000 habitants. [5]

  • 4 - le tir

À la carabine ou au pistolet, chaque décharge libère 20 grammes de plomb, qui se retrouve dans les sols, l’eau, l’air et le long de la chaîne alimentaire jusqu’au corps humain.

  • 5 - le tennis

Des balles très nombreuses et difficilement dégradables expliquent la présence de ce sport dans le classement. Les joueurs français en consomment 14 millions par an, qui seront dégradées dans 2 500 ans. La Fédération Française de Tennis récolte les balles usagées pour les revêtements des nouveaux terrains de tennis. Une solution encourageante.

Pour aller plus loin

Sites Internet

Publications

Notes

[1l’eau et le tourisme, e-Journal de l’eau de l’UNESCO, numéro 155

[3Programme des Nations Unies pour l’Environnement, Economic Impacts of Tourism.

[5Rapport sur la qualité de l’eau et de l’assainissement en France, Office parlementaire d’évaluation des choix scientifiques et technologiques, Tome II, annexe 29, pages 79 à 82.